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Voyageurs passionnés et empreinte écologique

Voyageurs passionnés : comment réduire l’empreinte écologique de votre voyage ?

Les perspectives du voyage de demain dans le monde d’après

L’actualité récente a pointé du doigt l’urgence d’opérer des changements significatifs dans nos choix de société, notamment en matière de préservation de l’environnement. La pandémie de COVID19 de début 2020 marquera certainement l’Histoire comme un moment de prise de conscience collective, de la nécessité de faire émerger dès à présent le “Monde d’Après”.

Le Monde d’Après : celui que des milliers de citoyens de par le monde appellent de leurs vœux pour sécuriser l’avenir des générations futures qui vivront sur la planète au XXIe siècle. Révolution verte, nouveaux modèles économiques, avancées scientifiques, décisions politiques internationales : à quoi pourra ressembler le Voyage dans ce nouveau paradigme qui se dessine ?

Éco-responsable, engagé, flexible, interactif, aventureux… Quelles perspectives pour le voyage de demain ? Quels messages pourrons-nous transmettre et quel impact positif pourrons-nous apporter aux communautés locales au travers de notre voyage ?

l'empreinte écologique du voyage

L’empreinte écologique du tourisme

Une étude de mai 2018 publiée par la revue de Nature Climate Change du journal Nature Research, a évalué que le tourisme mondial représente une contribution globale de 8% sur la production des émissions de gaz à effet de serre mondiale.

Ces chiffres sont à mettre en perspective avec la contribution du système alimentaire mondial, estimée entre 21 à 37% de la production des émissions de gaz à effet de serre, selon le 5ème rapport du Groupe Intergouvernemental des Experts de l’évolution du Climat de 2018.

Ces études montrent qu’un voyage est indissociable d’une certaine empreinte écologique sur les environnements et les communautés locales. Mais elle peut être réduite, en opérant certains choix sur nos déplacements, nos activités, notre consommation, les zones et sites visités, et les personnes que nous souhaiterons rencontrer.

Voyage à la rencontre des habitants

Bonne nouvelle, les leviers d’action du voyageur qui souhaite minimiser son empreinte écologique et sociologique sont nombreux !

Focus sur les transports, principale source de pollution en voyage

Sans surprise, les transports pour rejoindre sa destination représentent la plus importante source d’émission de gaz à effet de serre lors d’un voyage, à moins de voyager à moins de 200 km de chez soi. Plusieurs calculateurs vous permettent d’évaluer vos émissions d’équivalent CO2 émis pour votre vol, en prenant en compte la distance parcourue.

Deux exemples de calculateurs internationaux :

Les variations de résultats fournis par ces calculateurs proviennent des différences d’hypothèses d’entrée et de modélisation qui se cachent derrière l’interface.

L’ordre de grandeur suivant pourra permettre d’apprécier le caractère déterminant du choix de ce transport pour rallier sa destination : un vol aller-retour Paris-Bangkok, avec une production de 4 tonnes d’équivalent CO2, écrase littéralement l’équivalent CO2 émis lors des 3 semaines vécues sur place. Ainsi, pour un gage d’efficacité, il sera donc incontournable lors de l’organisation de son voyage, de chercher à optimiser son empreinte écologique au travers du choix de son mode de transport pour rejoindre sa destination.

Un voyage écologique

Il est possible d’établir un comparatif chiffré de la contribution aux émissions de gaz à effet de serre en fonction des modes de déplacement motorisés choisis, en prenant le soin de tenir compte de l’ensemble des facteurs qui peuvent influencer les résultats : CO2 équivalent au kilomètre, CO2 équivalent total, nombre de personnes remplissant le véhicule, nature des routes empruntées et vitesse associée, origine de l’électricité utilisée pour les véhicules à énergie électrique…

C’est l’exercice auquel s’est livré Clément, jeune ingénieur adepte des voyages au long cours, dont l’étude exhaustive est disponible en intégralité, avec synthèse des résultats chiffrés et graphiques.

Un comparatif de synthèse issu de son étude permet de ranger les différents modes de transport par importance d’impact environnemental.

Infographie Comparatif des modes de transports en fonction de leurs émissions carbonées

Il ressort quelques conclusions contre-intuitives de ces études, qu’il peut être bon de garder à l’esprit :

  • En raison des phases de décollage / atterrissage, les vols moyen-courrier (de l’ordre de 5000 km) émettent légèrement moins de CO2 équivalent que des vols courts (< 1000 km) par kilomètre parcouru, bien que les émissions globales résultantes restent plus importantes (quasiment propositionnelles à la durée du vol). Ainsi, lorsque d’autres moyens de déplacement sont disponibles, les vols courts (moins de 1 heure) sont à éviter,
  • Sur une distance de 1000 km, la contribution du voyageur embarqué à bord d’un véhicule particulier rempli au maximum de sa capacité sera moindre qu’un vol effectué sur la même distance. Mais lorsque la voiture ne transporte que son conducteur, la contribution individuelle de l’automobiliste peut dépasser celle du passager de l’avion, en fonction du type de route emprunté,
  • Les voitures électriques n’émettent pas directement de gaz à effet de serre en utilisation, mais il convient de prendre en compte d’une part le type d’électricité produit sur le réseau national qui fournit l’énergie consommée par les voitures (électricité d’origine décarbonnée à 92% en France), ainsi que la pollution générée lors de leur fabrication (notamment les batteries),
  • Pour les mêmes raisons que la voiture électrique, le train qui utilise l’électricité du réseau électrique national peut être un excellent moyen de déplacement propre dans les pays dont l’énergie électrique provient essentiellement de sources décarbonées (nucléaire, énergies renouvelables), mais le raisonnement ne s’applique plus :
    • lorsque les trains fonctionnent aux énergies fossiles (c’est par exemple le cas en Inde où seul un quart du réseau ferroviaire est actuellement électrifié… Avec un objectif de réseau ferroviaire fonctionnant à 100% à l’énergie électrique d’ici 2030),
    • lorsque le réseau électrique utilisé par le train provient des énergies des centrales thermiques ou charbon (par exemple en Italie, le réseau ferroviaire dépend du réseau électrique national alimenté à environ 75% par les énergies fossiles ; en Allemagne, les énergies fossiles représentent 46% du mix énergétique total).
  • Le mécanisme de compensation carbone : Ce système, accessible aux voyageurs particuliers sur la base du volontariat, permet de “compenser” les émissions carbone correspondant au transport jusqu’à destination, en rachetant l’équivalent de ses émissions auprès d’un organisme qui reversera les fonds pour le financement de projets de reforestation ou de préservation des forêts existantes.
Voyage et environnement : les compensations carbone

Il est donc très important de garder à l’esprit la priorité de limiter sa contribution individuelle aux émissions globales de gaz à effet de serre.

Ainsi, en fonction de son temps disponible, de l’éloignement de sa destination, des modes de transport disponibles et de leur niveau de sécurité, du nombre de voyageurs, de sa condition physique, le choix peut s’avérer cornélien…

Et si, dans le cadre d’une démarche engagée, vous choisissiez de raisonner à l’inverse, en choisissant votre destination en fonction du mode de déplacement que vous souhaitez prioriser et de vos contraintes de départ (durée et période) ? Seriez-vous prêts à choisir une destination qu’il est possible de rallier par voie terrestre ? Voire, relever de nouveaux défis tels qu’atteindre votre destination à vélo, en voilier, en auto-stop, ou même en bateau-stop ? Proche de chez vous, aux confins du continent européen, au terminus du Transsibérien, et si vous placiez votre déplacement au premier plan de votre aventure pour donner corps à cette citation d’Hugo Verlomme : “Le vrai voyage, c’est d’y aller”…

le transport local

À destination, l’expérience du voyage responsable et engagé

Le comparatif précédent a montré que, hormis les rares voyageurs qui parviennent à destination en utilisant des modes de déplacement neutres, les déplacements longues-distances polluent. Pour autant, le voyageur désireux de faire une expérience de voyage véritablement tournée vers le partage, apporte avec lui de l’inspiration, au travers de sa vision et de ses intentions bienveillantes, qui ne manqueront pas d’impacter positivement les communautés locales. Que ce soit par les échanges d’idées, les interactions spontanées, les jeux, les sourires… Ou par la valeur de l’exemple !

En appliquant des gestes simples, et en y intéressant les habitants, notamment les enfants et les jeunes, il est possible d’amorcer une spirale positive et inspirante en expliquant les bénéfices de ces actions à court et moyen terme, si tout le monde s’y met ensemble. Ces initiatives permettent aussi d’orienter les offres de services proposées sur place, en échangeant avec les prestataires locaux sur les bonnes pratiques et les attentes des visiteurs concernés par l’écologie.

Les actions que vous pouvez mettre en œuvre lors de votre séjour.

Infographie "Les gestes éco-responsables à destination"

Et si vous avez du temps sur place, une autre forme de voyage consiste à participer à une mission de bénévolat pour aider les communautés locales à faire face à leurs besoins. Les thématiques sont multiples : conservation de la faune et de la flore, reforestation, enseignement, éco-construction, soins médicaux, développement web, aide à l’entreprenariat, micro-crédit, sensibilisation au planning familial, aide aux femmes… Le nombre d’organismes proposant la mise en relation avec les associations et le ONG opérant localement est pléthorique, aussi il vous sera nécessaire de bien vous renseigner sur les missions proposées et les avis de volontaires sur les actions de ces organismes, avant de faire votre choix.

Généralement, les missions durent de 2 semaines à plusieurs mois.

Quelques liens pour commencer vos recherches :

action de bénévolat

Sous l’empreinte, la richesse

Ainsi, en faisant le choix de vivre sur place au plus près du quotidien des communautés locales, il est très probable que vous puissiez vivre des expériences inoubliables et riches de sens. Que ce soit dans le cadre d’un bénévolat ou d’une simple immersion dans un village, si vous faites le choix de prolonger votre séjour dans un endroit pour y apporter votre contribution dans la bienveillance et le respect des traditions locales, vous en ressortirez imprégné(e) à vie par les émotions issues d’interactions de grande qualité avec les habitants. Vous deviendrez, plus qu’un visiteur (se), un ami de la famille…

Mission de volontariat

Pour finalement, vivre toute la vérité de cette citation de Marcel Proust : “Le vrai voyage ce n’est pas tant de chercher des nouveaux horizons, mais un nouveau regard”. Regard sur l’autre, sur l’ailleurs, sur notre rôle… Mais aussi, regard sur nous même, car chaque voyage peut être la promesse d’une nouvelle naissance.

Elsa Brin d’Azur
Elsa Brin d'Azur, créatrice de voyages, consultante et rédactrice free-lanc

Elsa Brin d’Azur, c’est l’histoire de ma 2ème vie. Je suis (re)née le 11 octobre 2019, au départ d’un voyage solo initiatique de 3 mois, à travers l’Asie et l’Océanie. J’y ai appris comment cultiver la chance et créer des passerelles entre les mondes par l’exploration et les rencontres inspirantes. Aujourd’hui, en tant que créatrice de voyages sur-mesure, accompagnante au changement de vie et rédactrice web, je mets ma vision et mon expérience de 15 ans de voyages hors sentiers battus sur les 5 continents au service de l’accompagnement des voyageurs indépendants en quête de destinations authentiques.

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